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Matériel multi-media  (audio et video) en préparation concernant ECR, la CLÉ, l'article 41 : Surveillez notre site dans les prochains jours.

La marche du 25 avril 2009 à Drummondville - Revue de presse

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La marche du 25 avril dernier marque une autre étape dans l'action de la CLÉ et des organismes de plus en plus nombreux qui la supportent.

Il nous semble important de situer cet évènement dans le contexte global qui entoure cette polémique :

  • Selon nos estimations, entre 3000 et 4000 marcheurs étaient présents (les chiffres des médias nous semble clairement réducteurs), environ 1000 de plus qu'à la marche d'octobre 2008 à Montréal
  • Des groupes se sont déplacés de Montréal, Québec, Gatineau, la Beauce, l'Estrie, la Montérégie, le Saguenay et de d'autres régions, indiquant que le mouvement s'implante solidement partout en plus de toucher les grand centres
  • La région de Drummondville est très alerte au débat entourant ECR et la couverture médiatique semblait plus éclairée et pertinente
  • La "contre-manifestation" qui avait été organisée était constituée de moins de 20 personnes, mais surtout de jeunes qui semblaient craindre le "retour" de cours de religion obligatoire dans le système éducatif : ...c'est en fait la même crainte qui fonde la démarche de la CLÉ, ce qui nous fait dire QU'IL N'Y A PAS D'OPPOSITION, NI ARGUMENTAIRE NI MASSIVE, AU MOUVEMENT POPULAIRE DE LA CLÉ - NOUS VOULONS TOUS LA DÉMOCRATIE !  ...d'où vient donc la volonté d'imposer ECR ...???!
  • La couverture médiatique a été plus respectueuse et on a abandonné la stratégie de "marginalisation de la CLÉ" qui prévalait en 2007 et 2008 : le mouvement gagne du respect et est mieux compris
  • La question des libertés fondamentales et de l'article 41 sont ouvertement débattue : la CLÉ a montré la légitimité du cadre du débat
  • Le caractère obligatoire et intrusif du programme ECR est désormais perçu par un nombre grandissant d'intervenants
  • Les représentants du MELS se font très discrets, voire craintifs, et les manœuvres utilisées dans les classes pour enseigner ECR (dispersion au travers de l'horaire et des autres matières, refus de laisser sortir le matériel pédagogique, les manuels et les feuilles d'exercices, poursuite des comportements de fermeture ou d'intimidation vis à vis des parents) deviennent de plus en plus apparentes et entraînent le MELS dans un cul de sac stratégique auto-incriminant

La CLÉ fait du gros travail et progressivement un réseau fonctionnel se dégage de ses opérations.  Ce réseau en lui-même représente probablement l'argument le plus efficace qui puisse forcer le renversement des modifications antidémocratiques et anti-parentales qui ont eu lieu au Québec dans les 10 dernières années et qui ont pavé la voie à l'imposition de ECR. 

Les québécois ont une tradition et une culture trop respectueuse des libertés pour que prévalent ces élites qui agissent comme s'il fallait nous mettre en tutelle.  Le peuple québécois décide de son avenir et rien ne l'en empêchera.

La prochaine étape : une série de concert bénéfices dont le premier aura lieu le 30 mai prochain dans la région de Québec.  Des nouvelles sur la page frontispice de ce site dès le 5 mai. 

Revenez nous voir!

EXTRAITS DE LA PRESSE

Cours d'éthique et de culture religieuse
Les opposants dans la rue

Société Radio-Canada

Les opposants au cours d'éthique et de culture religieuse, obligatoire depuis septembre dernier, poursuivent leur combat. Samedi après-midi, une manifestation a eu lieu à Drummondville pour dénoncer le caractère obligatoire du cours dans les écoles primaires et secondaires du Québec. Des milliers de manifestants y ont participé. La Coalition pour la liberté en éducation, qui a organisé la marche, réclame du gouvernement le droit pour les parents de retirer leur enfant de ce cours. Elle affirme avoir l'appui de plus de 100 000 personnes dans sa démarche auprès du gouvernement pour faire respecter le droit fondamental de liberté de conscience. La Coalition réclame que le cours d'éthique et de culture religieuse devienne optionnel afin de respecter le droit des parents d'éduquer leurs enfants conformément à leurs convictions religieuses ou philosophiques. Une première cause sur cette affaire sera d'ailleurs entendue par la Cour supérieure le 11 mai. Les parents de 6 élèves de l'école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc, à Granby, contesteront [ont contesté et obtenu la reconnaissance du « droit de retrait »] la suspension par la Commission scolaire Val-des-Cerfs de leurs enfants, qui ont refusé d'assister à ce cours en décembre dernier. Les parents des élèves réclament [ont obtenu] une injonction interlocutoire pour forcer la Commission scolaire Val-des-Cerfs à suspendre les sanctions contre les élèves qui refusent d'assister à leur cours d'éthique et de culture religieuse. Incompréhension De son côté, Denis Watters, auteur du Guide d'éthique et culture religieuse 101, [et ex-fonctionnaire ayant contribué au développement du cours d’ÉCR] dit ne pas comprendre l'opposition au nouveau cours obligatoire. « Ce programme d'éthique et de culture religieuse s'inscrit dans une évolution qu'on a connue au Québec relativement à l'enseignement religieux », explique-t-il. « J'ai beaucoup de difficulté à saisir cette contestation, parce que le programme de culture religieuse ne vise pas justement à jouer dans les convictions ou les valeurs qui sont véhiculées par les familles. Ce n'est absolument pas l'objet du cours », ajoute M. Watters.

 

Parents protest ethics and religion course By Charlie Fidelman,

The Gazette, 2009-04-26

[2-3,000 people (parents and teachers) according to Radio-Canada] gathered in Drummonville Saturday to protest against a controversial mandatory ethics and religious culture course that has been taught since the beginning of the school year. “We’re asking the [Jean] Charest government to lift the obligatory part,” Richard Décarie, spokesman for rally organizers, the 100,000-member Coalition pour la liberté en éducation [CLÉ]. The coalition maintains that the course infringes on parents’ rights. But government officials have said that the non-denominational course aims to foster harmonious social relations in the province. Students will learn about Catholicism and Protestantism in Québec’s religious heritage as well as the contributions of other religions. Angry parents say the course is often contrary to their own beliefs. “We are getting calls from parents saying that teachers are teaching whatever,” Décarie said. “Their children are confused, especially in primary school. And parents are feeling helpless.” For example, a Catholic child told his parents that he wants his family to become Hindu because then they could have “seven lives” and that would save his dying grandfather. “He had learned in the course that Hindus have seven lives and he wanted six more for his grandfather,” Décarie said. “Imagine the total confusion in the child’s head and the parents stuck with that dilemma.” Québec enacted the course following the Bouchard-Taylor Commission on reasonable accommodations related to cultural differences. But the teachers themselves were not properly trained in the new course material, Décarie said. For Saturday’s march, the coalition had organized the transportation of protesters from various Québec regions by school buses. It’s no coincidence that rally organizers had convened the march in Drummondville. A local couple launched a court challenge against the provincial Education Department’s course in September. They are asking a Québec Superior Court justice to rule that making the course mandatory is unconstitutional. The couple argue the compulsory course takes away parents’ free choice. The case is to be heard in Drummondville on May 15, Décarie said. Loyola High School in Montréal has also initiated legal action after the Education Department refused a request to exempt the private boys school from teaching the course. According to a Léger Marketing poll held last fall, two thirds of parents, or 72 per cent, believe in choice for their children’s education. In the 25 to 34 age bracket, the poll found support for choice was 80 per cent. These figures suggest strong opposition, said coalition president Marie-José Croteau. “So don’t impose something that goes against parental conviction. Religion is a very sensitive area which is why it’s protected in the Charter of Rights,” she said. “It’s our children, we want to have our say.” cfidelman@thegazette.canwest.com © Copyright (c) The Montreal Gazette

 

Cours d'éthique et culture religieuse: des milliers de personnes manifestent

Par Marie Vastel, LA PRESSE CANADIENNE, 2009-04-25

DRUMMONDVILLE – Le cours d'éthique et culture religieuse, obligatoire dans les écoles primaires et secondaires du Québec depuis septembre dernier, a fait l'objet d'une autre marche de protestation, samedi après-midi, à Drummondville. La Coalition pour la liberté en éducation (CLE), dont la manifestation a rassemblé quelques milliers de personnes, selon ses organisateurs, a tenu à dénoncer le caractère obligatoire du cours. Elle affirme avoir l'appui de plus de 100 000 personnes dans sa démarche auprès du gouvernement afin de faire respecter le droit fondamental de liberté de conscience. Et ces 100 000 adhérents pourraient être plus nombreux, estime le porte-parole de la CLÉ, Richard Décarie, parce que les professeurs n'osent pas se prononcer publiquement contre l'État, qu'ils considèrent comme étant en quelque sorte leur employeur. La CLÉ demande un véritable choix en éducation et non pas l'imposition d'une religion "relativiste" imposée par l'État. "Au sein de la coalition, le consensus est autour du droit de retirer des enfants des cours, mais aussi du droit d'exemption, donc de lever le caractère obligatoire du cours. Et je peux vous dire que s'il y avait un accord d'exemption, aujourd'hui, moi je ne serais même pas à Drummondville", a lancé le porte-parole, en entrevue téléphonique à la suite de la manifestation. La CLÉ réclame que le cours d'éthique et culture religieuse devienne optionnel, de façon à respecter le droit des parents d'éduquer leurs enfants en conformité avec leurs convictions religieuses ou philosophiques. Elle estime que l'imposition d'un régime étatique d'éthique et de culture religieuse outrepasse les pouvoirs légitimes du gouvernement, bafouant la liberté de conscience et de religion proclamée par les Chartes canadienne et québécoise. Le premier ministre Jean Charest, qui se trouvait à Montréal samedi midi pour une toute autre raison, a toutefois été clair à l'effet que son gouvernement n'avait pas l'intention de reculer dans ce dossier. "La religion, il faut se le rappeler, est au départ un choix très personnel, c'est le choix des parents, c'est un choix individuel, a-t-il reconnu. Mais dans le système scolaire, ce que nous voulons c'est une ouverture, un apprentissage sur les religions, avec évidemment la priorité aux religions judéo-chrétiennes." "Nous avons maintenant un enseignement qui est le reflet de nos valeurs communes et qui s'ouvre sur l'inclusion et la tolérance. Alors, à mes yeux à moi, c'est le bon choix et j'ai la conviction que c'est également le reflet d'un consensus parmi la population", a affirmé [avec condescendance] le premier ministre. Les membres de la Coalition qui dénoncent le cours d'éthique et culture religieuse ne représentent qu'un faible pourcentage de la population, selon lui. La coalition souligne par ailleurs que des élèves ont été suspendus parce que leurs parents ont refusé qu'ils assistent au cours d'éthique. Il s'agit là aussi d'une minorité, a rétorqué le premier ministre. Le 11 mai, à Drummondville, une cause type sera entendue par un tribunal. Une famille de l'endroit contestera l'obligation de suivre ce cours. Mais M. Charest ne s'en inquiète pas. "On verra si les tribunaux en décident autrement. Nous on est confiants quant aux décisions qu'on a prises, à la fois sur une base légale et constitutionnelle. On n'aurait pas mis en œuvre ce type d'enseignement si on n'avait pas cru au point de départ que tout cela était conforme à nos lois", a-t-il indiqué. Mais que le gouvernement se le tienne pour dit, la CLÉ n'est pas prête à reculer. Si les tribunaux ne leur accorde pas le jugement espéré, les militants sont prêts à recourir à d'autres actions politiques. "On voit qu'il y a un effet de mouvement politique, qu'on pourrait qualifier de conservateur, que moi je n'ai pas vu depuis très longtemps au Québec", a souligné M. Décarie, faisant même référence au Mouvement Souveraineté-Association des années soixante et à la naissance du Parti québécois. Outre ses manifestations qui se multiplient et qui gagnent en affluence, la coalition pourrait aussi venir courtiser les membres de l'Action démocratique du Québec (ADQ) afin qu'ils appuient leurs demandes. L'ADQ est la seule formation politique à s'être positionnée, sous le règne de Mario Dumont, en faveur des revendications de la CLÉ et plusieurs membres de la coalition se seraient fait suggérer par leurs militants, selon M. Décarie, de se présenter sous les couleurs du parti.

Des parents avaient manifesté contre le cours d'éthique et de culture religieuse le 18 octobre dernier à Montréal.

 

Manifestation contre le cours d'éthique et culture religieuse

 La Presse/PC, 2009-04-26

Le cours d'éthique et culture religieuse, obligatoire dans les écoles primaires et secondaires du Québec depuis septembre dernier, fait l'objet d'une autre marche de protestation, samedi après-midi, à Drummondville. La Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) dénonce le caractère obligatoire du cours. Elle affirme avoir l'appui de plus de 100 000 personnes dans sa démarche auprès du gouvernement afin de faire respecter le droit fondamental de liberté de conscience. Un porte-parole de la coalition, Richard Décarie, souligne que son regroupement veut un véritable choix en éducation et non pas l'imposition d'une religion « relativiste » imposée par l'État. La coalition réclame que le cours d'éthique et culture religieuse devienne optionnel de façon à respecter le droit des parents d'éduquer leurs enfants en conformité avec leurs convictions religieuses ou philosophiques. Elle estime que l'imposition d'un régime étatique d'éthique et de culture religieuse outrepasse les pouvoirs légitimes du gouvernement, bafouant la liberté de conscience et de religion proclamée par les Chartes canadienne et québécoise. La coalition souligne que des élèves ont été suspendus parce que leurs parents ont refusé qu'ils assistent au cours d'éthique. Le 11 mai, à Drummondville, une cause type sera entendue par un tribunal. Une famille de l'endroit contestera l'obligation de suivre ce cours.

Le cours d'éthique et culture religieuse est obligatoire depuis septembre dernier. Le cours d'éthique et culture religieuse à nouveau contesté Journal de Montréal/PC, Marie Vastel, 2009-04-26 Le cours d'éthique et culture religieuse, obligatoire dans les écoles primaires et secondaires du Québec depuis septembre dernier, a fait l'objet d'une autre marche de protestation, samedi après-midi, à Drummondville. La Coalition pour la liberté en éducation (CLE), dont la manifestation a rassemblé quelques milliers de personnes, selon ses organisateurs, a tenu à dénoncer le caractère obligatoire du cours. Elle affirme avoir l'appui de plus de 100 000 personnes dans sa démarche auprès du gouvernement afin de faire respecter le droit fondamental de liberté de conscience. Et ces 100 000 adhérents pourraient être plus nombreux, estime le porte-parole de la CLÉ, Richard Décarie, parce que les professeurs n'osent pas se prononcer publiquement contre l'État, qu'ils considèrent comme étant en quelque sorte leur employeur. La CLÉ demande un véritable choix en éducation et non pas l'imposition d'une religion "relativiste" imposée par l'État. "Au sein de la coalition, le consensus est autour du droit de retirer des enfants des cours, mais aussi du droit d'exemption, donc de lever le caractère obligatoire du cours. Et je peux vous dire que s'il y avait un accord d'exemption, aujourd'hui, moi je ne serais même pas à Drummondville", a lancé le porte-parole, en entrevue téléphonique à la suite de la manifestation. La CLÉ réclame que le cours d'éthique et culture religieuse devienne optionnel, de façon à respecter le droit des parents d'éduquer leurs enfants en conformité avec leurs convictions religieuses ou philosophiques. Elle estime que l'imposition d'un régime étatique d'éthique et de culture religieuse outrepasse les pouvoirs légitimes du gouvernement, bafouant la liberté de conscience et de religion proclamée par les Chartes canadienne et québécoise. Le premier ministre Jean Charest, qui se trouvait à Montréal samedi midi pour une toute autre raison, a toutefois été clair à l'effet que son gouvernement n'avait pas l'intention de reculer dans ce dossier. "La religion, il faut se le rappeler, est au départ un choix très personnel, c'est le choix des parents, c'est un choix individuel, a-t-il reconnu. Mais dans le système scolaire, ce que nous voulons c'est une ouverture, un apprentissage sur les religions, avec évidemment la priorité aux religions judéo-chrétiennes." "Nous avons maintenant un enseignement qui est le reflet de nos valeurs communes et qui s'ouvre sur l'inclusion et la tolérance. Alors, à mes yeux à moi, c'est le bon choix et j'ai la conviction que c'est également le reflet d'un consensus parmi la population", a affirmé [avec condescendance] le premier ministre. Les membres de la Coalition qui dénoncent le cours d'éthique et culture religieuse ne représentent qu'un faible pourcentage de la population, selon lui. La coalition souligne par ailleurs que des élèves ont été suspendus parce que leurs parents ont refusé qu'ils assistent au cours d'éthique. Il s'agit là aussi d'une minorité, a rétorqué le premier ministre. Le 11 mai, à Drummondville, une cause type sera entendue par un tribunal. Une famille de l'endroit contestera l'obligation de suivre ce cours. Mais M. Charest ne s'en inquiète pas. "On verra si les tribunaux en décident autrement. Nous on est confiants quant aux décisions qu'on a prises, à la fois sur une base légale et constitutionnelle. On n'aurait pas mis en œuvre ce type d'enseignement si on n'avait pas cru au point de départ que tout cela était conforme à nos lois", a-t-il indiqué. Mais que le gouvernement se le tienne pour dit, la CLÉ n'est pas prête à reculer. Si les tribunaux ne leur accorde pas le jugement espéré, les militants sont prêts à recourir à d'autres actions politiques. "On voit qu'il y a un effet de mouvement politique, qu'on pourrait qualifier de conservateur, que moi je n'ai pas vu depuis très longtemps au Québec", a souligné M. Décarie, faisant même référence au Mouvement Souveraineté-Association des années soixante et à la naissance du Parti québécois. Outre ses manifestations qui se multiplient et qui gagnent en affluence, la coalition pourrait aussi venir courtiser les membres de l'Action démocratique du Québec (ADQ) afin qu'ils appuient leurs demandes. L'ADQ est la seule formation politique à s'être positionnée, sous le règne de Mario Dumont, en faveur des revendications de la CLÉ et plusieurs membres de la coalition se seraient fait suggérer par leurs militants, selon M. Décarie, de se présenter sous les couleurs du parti.

 

« Le mouvement n’est qu’embryonnaire en comparaison de ce qui va arriver »

par Cynthia Giguère-Martel, L’Express (Drummondville), 2009-04-26

Photos

Elles ont été 2 500 personnes, jeunes et moins jeunes, à répondre à l’appel, samedi, lors de la marche familiale dénonçant le caractère obligatoire du cours d’éthique et de culture religieuse. « Le mouvement n’est qu’embryonnaire en comparaison de ce qui va arriver » – Françoise Lavallée, initiatrice de la marche. Parents, grands-parents, enfants et enseignants ont pris d’assaut les rues du centre-ville, samedi après-midi, afin de lancer leur message au gouvernement Charest dans le dossier du cours d’éthique et de culture religieuse (ÉCR). Les quelque 2 500 manifestants, provenant des quatre coins du Québec et de différentes religions, ont dénoncé, une fois de plus, le caractère obligatoire de ce cours. Depuis la mise sur pied du cours d’ÉCR, plusieurs parents trouvent inacceptable d’enseigner aux enfants sept religions en même temps en plus de ne plus avoir le droit de décider, en quelque sorte, ce qui est moralement bon pour leurs enfants. La Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ), qui croise le fer avec le gouvernement du Québec dans ce dossier, réclame que le cours d'éthique et culture religieuse devienne optionnel de façon à respecter le droit des parents d'éduquer leurs enfants en conformité avec leurs convictions religieuses ou philosophiques. « Ce qu’on veut, ce n’est pas de changer la loi, mais bien de retrouver notre liberté de choix, comme on l’a toujours eue », insiste Françoise Lavallée, initiatrice de la marche ainsi que grand-maman. De surcroît, la CLÉ estime que l'imposition d'un régime étatique d'éthique et de culture religieuse outrepasse les pouvoirs légitimes du gouvernement, bafouant la liberté de conscience et de religion proclamée par les Chartes canadienne et québécoise. « Ce que nous dénonçons, c’est que les parents ont perdu des droits, précise Marie-Josée Croteau, présidente de la CLÉ et mère de trois enfants d’âge primaire. Le gouvernement a modifié l’article 41 de la Charte des droits et libertés et il n’a pas consulté la population. La conséquence dans tout ça c’est que c’est l’État qui décide désormais de ce qui est moralement bien pour nos enfants. » Pourtant, le premier ministre Jean Charest a la ferme conviction que la décision d’implanter ce cours est le reflet d'un consensus parmi la population. Il n’a également pas l’intention de reculer dans ce dossier. « Ce qui nous arrive, c’est d’une injustice totale », déplore Mme Lavallée.

Exemption

Au départ, la ministre de l’éducation, Michelle Courchesne, a été claire à propos des exemptions : elle avait informé les Commissions scolaires que toute demande d’exemption devait être systématiquement refusée. « Il y a beaucoup de directeurs d’école qui sont conscients que ça n’a pas de bon sens, mais n'osent rien faire, car s’ils interviennent, les Commissions scolaires vont s’en mêler. Les commissaires reçoivent des ordres des ministres pour qu’il n’y ait aucune exemption d’accordée, ce qui est anti-démocratique puisque les commissaires sont élus par le peuple et ont la liberté de le faire », explique Patrice Gagnon, père de famille [et enseignant au secondaire] qui s’est vu refuser ses demandes d’exemption et de révision ainsi que son avis de retirer son enfant du cours. « Ils se sentent obligés de représenter le gouvernement, donc leur rôle est biaisé », ajoute sa conjointe Marjolaine Blanchard. Malgré ces refus, les parents ainsi que la coalition tiennent tête au gouvernement autour du droit de retirer les enfants de ce cours et aussi, du droit d’exemption, d’où la demande de lever le caractère obligatoire du cours.

Qu’est-ce que le cours d’ÉCR

Ce cours présente aux enfants, dès l’âge de six ans, différentes religions, visions du monde et de la vie et doctrines religieuses. De plus, tous ces éléments sont présentés d’une égale valeur. « Dans certains ateliers, on demande aux enfants de créer leur propre religion », informe la présidente de la CLÉ. Au secondaire, le cours se concentre plus sur le volet éthique. « Les élèves, à travers des dialogues, doivent rechercher des consensus sur des grandes questions que les parents et les experts ne s’entendent même pas. On rejette donc ça sur le dos de nos enfants et ça, c’est inacceptable », ajoute Mme Croteau. « Comment peut-on demander à des enfants de faire la part des choses, alors qu’un adulte ne connaît pas tout sur sa religion ?, se questionne Mme Lavallée. Le gouvernement, par ce cours, veut implanter ses idées et sa philosophie. On fait face à une religion mondiale et c’est inacceptable. Mais je suis contente, car ça réveille beaucoup de catholiques et nous en avons une belle preuve aujourd’hui, mais ça, ce n’est rien comparé à tous ceux qui nous appuient. » D’ailleurs les manifestants ont été clairs dans leur message et tout s’est fait dans le calme et le respect. D’autres [dé]marches sont prévues au cours des prochaines semaines, car la CLÉ n’entend pas clore ce dossier de si tôt. « Plus on va en parler et répéter des actions comme aujourd’hui, plus l’État va comprendre. Le mouvement n’est qu’embryonnaire en comparaison de ce qui va arriver, j’en suis certaine, car on voit déjà l’éveil », conclut avec conviction Mme Lavallée. Enfin, Drummondville est un lieu symbolique, puisque c’est ici que se jouera la bataille judiciaire en Cour supérieure, le 11 mai prochain. Le procès a été intenté par des parents qui veulent rendre inconstitutionnel le caractère obligatoire de ce cours.

 

Les manifestants de la région de l'Estrie sont partis de Sherbrooke samedi.

1 800 manifestants […en autobus scolaire ; 2-3 000 selon R-C] pour le libre-choix Marianne Dandurand, La Tribune (Sherbrooke), 2009-04-25 Catholiques, musulmans, orthodoxes, laïcs… Ils étaient quelque 1 800 personnes […en autobus scolaire ; 2-3 000 selon R-C] de toutes confessions, enfants et adultes, à se réunir samedi à Drummondville pour réclamer du gouvernement le libre-choix quand à la participation au cours d'Éthique et culture religieuse (ÉCR), enseigné dans les écoles primaires et secondaires depuis la dernière rentrée scolaire. Si tous avaient des idéaux très différents quant à ce qui devrait remplacer le cours d'ÉCR, un consensus les unit. « La mobilisation est contre le caractère obligatoire de ce cours », a souligné Richard Décarie, porte-parole de la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ). Le regroupement, initialement formé par des parents et des professeurs, avait beau organiser une énième marche, le mouvement est loin de s'essouffler. Cette manifestation a attiré presque autant de marcheurs que celle de Montréal, tenue l'automne dernier. Celle de Drummondville coïncide toutefois avec l'approche d'une audition du dossier en Cour supérieure. Dès le 11 mai, des parents qui réclament une exemption de ce cours pour leurs enfants seront entendus à Drummondville. Outre cette teinte juridique que prend le dossier, le regroupement tend de plus en plus vers une couleur politique, souligne M. Décarie. « Si l'ADQ se réorganisait, nos valeurs conservatrices iraient de pair avec les leurs », estime-t-il, écorchant au passage libéraux et péquistes. La classe politique devra ouvrir les oreilles à ce que les parents ont à dire. Les marcheurs débordant d'enthousiasme scandaient d'ailleurs des slogans tels « non à la religion d'État » ou « libre choix aux parents ». La fermeture du gouvernement, c'est aussi ce qu'une mère venue de Saint-Eustache avec ses deux enfants d'âge préscolaire déplorait. « Le gouvernement ne prend pas compte de ce qu'on a à dire », a déploré Natalia Cossas, qui ne croit pas que le cours puisse contribuer à abolir les préjugés. « 5 ans, c'est trop jeune pour embarquer les enfants dans un cours d'éthique et culture religieuse. »

 

La Tribune (Sherbrooke)/Opinions,
2009-04-24, p.14

La protestation est loin de s'essouffler. Voilà une nouvelle qui fait du bien pour les parents préoccupés par l'imposition par l'État du cours d'éthique et culture religieuse dans nos écoles. Les Chevaliers de Colomb appuient massivement la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) en exigeant, eux aussi, qu'on respecte le choix des parents en matière religieuse et éthique. C'est un appui de taille pour les parents qui luttent pour leurs droits. C'est aussi une prise de position courageuse dans un contexte social où afficher sa foi est mal vu. La marche de protestation prévue à Drummondville samedi est une autre occasion d'affirmer haut et fort ses convictions. Ne la manquons pas !

Dominique Breton, Sherbrooke