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Cours d'éthique et de culture religieuse
Les opposants
dans la rue
Société Radio-Canada
Les opposants au cours d'éthique et de culture
religieuse, obligatoire depuis septembre dernier,
poursuivent leur combat. Samedi après-midi, une
manifestation a eu lieu à Drummondville pour dénoncer le
caractère obligatoire du cours dans les écoles primaires
et secondaires du Québec. Des milliers de manifestants y
ont participé. La Coalition pour la liberté en éducation,
qui a organisé la marche, réclame du gouvernement le droit
pour les parents de retirer leur enfant de ce cours. Elle
affirme avoir l'appui de plus de 100 000 personnes dans sa
démarche auprès du gouvernement pour faire respecter le
droit fondamental de liberté de conscience. La Coalition
réclame que le cours d'éthique et de culture religieuse
devienne optionnel afin de respecter le droit des parents
d'éduquer leurs enfants conformément à leurs convictions
religieuses ou philosophiques. Une première cause sur
cette affaire sera d'ailleurs entendue par la Cour
supérieure le 11 mai. Les parents de 6 élèves de l'école
secondaire Joseph-Hermas-Leclerc, à Granby, contesteront
[ont contesté et obtenu la reconnaissance du « droit de
retrait »] la suspension par la Commission scolaire
Val-des-Cerfs de leurs enfants, qui ont refusé d'assister
à ce cours en décembre dernier. Les parents des élèves
réclament [ont obtenu] une injonction interlocutoire pour
forcer la Commission scolaire Val-des-Cerfs à suspendre
les sanctions contre les élèves qui refusent d'assister à
leur cours d'éthique et de culture religieuse.
Incompréhension De son côté, Denis Watters, auteur du
Guide d'éthique et culture religieuse 101, [et
ex-fonctionnaire ayant contribué au développement du cours
d’ÉCR] dit ne pas comprendre l'opposition au nouveau cours
obligatoire. « Ce programme d'éthique et de culture
religieuse s'inscrit dans une évolution qu'on a connue au
Québec relativement à l'enseignement religieux »,
explique-t-il. « J'ai beaucoup de difficulté à saisir
cette contestation, parce que le programme de culture
religieuse ne vise pas justement à jouer dans les
convictions ou les valeurs qui sont véhiculées par les
familles. Ce n'est absolument pas l'objet du cours »,
ajoute M. Watters.
Parents protest ethics and religion course By Charlie
Fidelman,
The Gazette, 2009-04-26
[2-3,000 people (parents and teachers) according to
Radio-Canada] gathered in Drummonville Saturday to protest
against a controversial mandatory ethics and religious
culture course that has been taught since the beginning of
the school year. “We’re asking the [Jean] Charest
government to lift the obligatory part,” Richard Décarie,
spokesman for rally organizers, the 100,000-member
Coalition pour la liberté en éducation [CLÉ]. The
coalition maintains that the course infringes on parents’
rights. But government officials have said that the non-denominational
course aims to foster harmonious social relations in the
province. Students will learn about Catholicism and
Protestantism in Québec’s religious heritage as well as
the contributions of other religions. Angry parents say
the course is often contrary to their own beliefs. “We are
getting calls from parents saying that teachers are
teaching whatever,” Décarie said. “Their children are
confused, especially in primary school. And parents are
feeling helpless.” For example, a Catholic child told his
parents that he wants his family to become Hindu because
then they could have “seven lives” and that would save his
dying grandfather. “He had learned in the course that
Hindus have seven lives and he wanted six more for his
grandfather,” Décarie said. “Imagine the total confusion
in the child’s head and the parents stuck with that
dilemma.” Québec enacted the course following the
Bouchard-Taylor Commission on reasonable accommodations
related to cultural differences. But the teachers
themselves were not properly trained in the new course
material, Décarie said. For Saturday’s march, the
coalition had organized the transportation of protesters
from various Québec regions by school buses. It’s no
coincidence that rally organizers had convened the march
in Drummondville. A local couple launched a court
challenge against the provincial Education Department’s
course in September. They are asking a Québec Superior
Court justice to rule that making the course mandatory is
unconstitutional. The couple argue the compulsory course
takes away parents’ free choice. The case is to be heard
in Drummondville on May 15, Décarie said. Loyola High
School in Montréal has also initiated legal action after
the Education Department refused a request to exempt the
private boys school from teaching the course. According to
a Léger Marketing poll held last fall, two thirds of
parents, or 72 per cent, believe in choice for their
children’s education. In the 25 to 34 age bracket, the
poll found support for choice was 80 per cent. These
figures suggest strong opposition, said coalition
president Marie-José Croteau. “So don’t impose something
that goes against parental conviction. Religion is a very
sensitive area which is why it’s protected in the Charter
of Rights,” she said. “It’s our children, we want to have
our say.” cfidelman@thegazette.canwest.com © Copyright (c)
The Montreal Gazette
Cours d'éthique et culture religieuse: des milliers de
personnes manifestent
Par Marie Vastel,
LA PRESSE CANADIENNE, 2009-04-25
DRUMMONDVILLE – Le cours d'éthique et culture
religieuse, obligatoire dans les écoles primaires et
secondaires du Québec depuis septembre dernier, a fait
l'objet d'une autre marche de protestation, samedi
après-midi, à Drummondville. La Coalition pour la liberté
en éducation (CLE), dont la manifestation a rassemblé
quelques milliers de personnes, selon ses organisateurs, a
tenu à dénoncer le caractère obligatoire du cours. Elle
affirme avoir l'appui de plus de 100 000 personnes dans sa
démarche auprès du gouvernement afin de faire respecter le
droit fondamental de liberté de conscience. Et ces 100 000
adhérents pourraient être plus nombreux, estime le
porte-parole de la CLÉ, Richard Décarie, parce que les
professeurs n'osent pas se prononcer publiquement contre
l'État, qu'ils considèrent comme étant en quelque sorte
leur employeur. La CLÉ demande un véritable choix en
éducation et non pas l'imposition d'une religion
"relativiste" imposée par l'État. "Au sein de la
coalition, le consensus est autour du droit de retirer des
enfants des cours, mais aussi du droit d'exemption, donc
de lever le caractère obligatoire du cours. Et je peux
vous dire que s'il y avait un accord d'exemption,
aujourd'hui, moi je ne serais même pas à Drummondville", a
lancé le porte-parole, en entrevue téléphonique à la suite
de la manifestation. La CLÉ réclame que le cours d'éthique
et culture religieuse devienne optionnel, de façon à
respecter le droit des parents d'éduquer leurs enfants en
conformité avec leurs convictions religieuses ou
philosophiques. Elle estime que l'imposition d'un régime
étatique d'éthique et de culture religieuse outrepasse les
pouvoirs légitimes du gouvernement, bafouant la liberté de
conscience et de religion proclamée par les Chartes
canadienne et québécoise. Le premier ministre Jean
Charest, qui se trouvait à Montréal samedi midi pour une
toute autre raison, a toutefois été clair à l'effet que
son gouvernement n'avait pas l'intention de reculer dans
ce dossier. "La religion, il faut se le rappeler, est au
départ un choix très personnel, c'est le choix des
parents, c'est un choix individuel, a-t-il reconnu. Mais
dans le système scolaire, ce que nous voulons c'est une
ouverture, un apprentissage sur les religions, avec
évidemment la priorité aux religions judéo-chrétiennes."
"Nous avons maintenant un enseignement qui est le reflet
de nos valeurs communes et qui s'ouvre sur l'inclusion et
la tolérance. Alors, à mes yeux à moi, c'est le bon choix
et j'ai la conviction que c'est également le reflet d'un
consensus parmi la population", a affirmé [avec
condescendance] le premier ministre. Les membres de la
Coalition qui dénoncent le cours d'éthique et culture
religieuse ne représentent qu'un faible pourcentage de la
population, selon lui. La coalition souligne par ailleurs
que des élèves ont été suspendus parce que leurs parents
ont refusé qu'ils assistent au cours d'éthique. Il s'agit
là aussi d'une minorité, a rétorqué le premier ministre.
Le 11 mai, à Drummondville, une cause type sera entendue
par un tribunal. Une famille de l'endroit contestera
l'obligation de suivre ce cours. Mais M. Charest ne s'en
inquiète pas. "On verra si les tribunaux en décident
autrement. Nous on est confiants quant aux décisions qu'on
a prises, à la fois sur une base légale et
constitutionnelle. On n'aurait pas mis en œuvre ce type
d'enseignement si on n'avait pas cru au point de départ
que tout cela était conforme à nos lois", a-t-il indiqué.
Mais que le gouvernement se le tienne pour dit, la CLÉ
n'est pas prête à reculer. Si les tribunaux ne leur
accorde pas le jugement espéré, les militants sont prêts à
recourir à d'autres actions politiques. "On voit qu'il y a
un effet de mouvement politique, qu'on pourrait qualifier
de conservateur, que moi je n'ai pas vu depuis très
longtemps au Québec", a souligné M. Décarie, faisant même
référence au Mouvement Souveraineté-Association des années
soixante et à la naissance du Parti québécois. Outre ses
manifestations qui se multiplient et qui gagnent en
affluence, la coalition pourrait aussi venir courtiser les
membres de l'Action démocratique du Québec (ADQ) afin
qu'ils appuient leurs demandes. L'ADQ est la seule
formation politique à s'être positionnée, sous le règne de
Mario Dumont, en faveur des revendications de la CLÉ et
plusieurs membres de la coalition se seraient fait
suggérer par leurs militants, selon M. Décarie, de se
présenter sous les couleurs du parti.
Des parents avaient manifesté contre le cours d'éthique
et de culture religieuse le 18 octobre dernier à Montréal.
Manifestation contre le cours d'éthique et culture
religieuse
La
Presse/PC, 2009-04-26
Le cours d'éthique et culture religieuse, obligatoire
dans les écoles primaires et secondaires du Québec depuis
septembre dernier, fait l'objet d'une autre marche de
protestation, samedi après-midi, à Drummondville. La
Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) dénonce le
caractère obligatoire du cours. Elle affirme avoir l'appui
de plus de 100 000 personnes dans sa démarche auprès du
gouvernement afin de faire respecter le droit fondamental
de liberté de conscience. Un porte-parole de la coalition,
Richard Décarie, souligne que son regroupement veut un
véritable choix en éducation et non pas l'imposition d'une
religion « relativiste » imposée par l'État. La coalition
réclame que le cours d'éthique et culture religieuse
devienne optionnel de façon à respecter le droit des
parents d'éduquer leurs enfants en conformité avec leurs
convictions religieuses ou philosophiques. Elle estime que
l'imposition d'un régime étatique d'éthique et de culture
religieuse outrepasse les pouvoirs légitimes du
gouvernement, bafouant la liberté de conscience et de
religion proclamée par les Chartes canadienne et
québécoise. La coalition souligne que des élèves ont été
suspendus parce que leurs parents ont refusé qu'ils
assistent au cours d'éthique. Le 11 mai, à Drummondville,
une cause type sera entendue par un tribunal. Une famille
de l'endroit contestera l'obligation de suivre ce cours.
Le cours d'éthique et culture religieuse est
obligatoire depuis septembre dernier. Le cours d'éthique
et culture religieuse à nouveau contesté Journal de
Montréal/PC, Marie Vastel, 2009-04-26 Le cours d'éthique
et culture religieuse, obligatoire dans les écoles
primaires et secondaires du Québec depuis septembre
dernier, a fait l'objet d'une autre marche de
protestation, samedi après-midi, à Drummondville. La
Coalition pour la liberté en éducation (CLE), dont la
manifestation a rassemblé quelques milliers de personnes,
selon ses organisateurs, a tenu à dénoncer le caractère
obligatoire du cours. Elle affirme avoir l'appui de plus
de 100 000 personnes dans sa démarche auprès du
gouvernement afin de faire respecter le droit fondamental
de liberté de conscience. Et ces 100 000 adhérents
pourraient être plus nombreux, estime le porte-parole de
la CLÉ, Richard Décarie, parce que les professeurs n'osent
pas se prononcer publiquement contre l'État, qu'ils
considèrent comme étant en quelque sorte leur employeur.
La CLÉ demande un véritable choix en éducation et non pas
l'imposition d'une religion "relativiste" imposée par
l'État. "Au sein de la coalition, le consensus est autour
du droit de retirer des enfants des cours, mais aussi du
droit d'exemption, donc de lever le caractère obligatoire
du cours. Et je peux vous dire que s'il y avait un accord
d'exemption, aujourd'hui, moi je ne serais même pas à
Drummondville", a lancé le porte-parole, en entrevue
téléphonique à la suite de la manifestation. La CLÉ
réclame que le cours d'éthique et culture religieuse
devienne optionnel, de façon à respecter le droit des
parents d'éduquer leurs enfants en conformité avec leurs
convictions religieuses ou philosophiques. Elle estime que
l'imposition d'un régime étatique d'éthique et de culture
religieuse outrepasse les pouvoirs légitimes du
gouvernement, bafouant la liberté de conscience et de
religion proclamée par les Chartes canadienne et
québécoise. Le premier ministre Jean Charest, qui se
trouvait à Montréal samedi midi pour une toute autre
raison, a toutefois été clair à l'effet que son
gouvernement n'avait pas l'intention de reculer dans ce
dossier. "La religion, il faut se le rappeler, est au
départ un choix très personnel, c'est le choix des
parents, c'est un choix individuel, a-t-il reconnu. Mais
dans le système scolaire, ce que nous voulons c'est une
ouverture, un apprentissage sur les religions, avec
évidemment la priorité aux religions judéo-chrétiennes."
"Nous avons maintenant un enseignement qui est le reflet
de nos valeurs communes et qui s'ouvre sur l'inclusion et
la tolérance. Alors, à mes yeux à moi, c'est le bon choix
et j'ai la conviction que c'est également le reflet d'un
consensus parmi la population", a affirmé [avec
condescendance] le premier ministre. Les membres de la
Coalition qui dénoncent le cours d'éthique et culture
religieuse ne représentent qu'un faible pourcentage de la
population, selon lui. La coalition souligne par ailleurs
que des élèves ont été suspendus parce que leurs parents
ont refusé qu'ils assistent au cours d'éthique. Il s'agit
là aussi d'une minorité, a rétorqué le premier ministre.
Le 11 mai, à Drummondville, une cause type sera entendue
par un tribunal. Une famille de l'endroit contestera
l'obligation de suivre ce cours. Mais M. Charest ne s'en
inquiète pas. "On verra si les tribunaux en décident
autrement. Nous on est confiants quant aux décisions qu'on
a prises, à la fois sur une base légale et
constitutionnelle. On n'aurait pas mis en œuvre ce type
d'enseignement si on n'avait pas cru au point de départ
que tout cela était conforme à nos lois", a-t-il indiqué.
Mais que le gouvernement se le tienne pour dit, la CLÉ
n'est pas prête à reculer. Si les tribunaux ne leur
accorde pas le jugement espéré, les militants sont prêts à
recourir à d'autres actions politiques. "On voit qu'il y a
un effet de mouvement politique, qu'on pourrait qualifier
de conservateur, que moi je n'ai pas vu depuis très
longtemps au Québec", a souligné M. Décarie, faisant même
référence au Mouvement Souveraineté-Association des années
soixante et à la naissance du Parti québécois. Outre ses
manifestations qui se multiplient et qui gagnent en
affluence, la coalition pourrait aussi venir courtiser les
membres de l'Action démocratique du Québec (ADQ) afin
qu'ils appuient leurs demandes. L'ADQ est la seule
formation politique à s'être positionnée, sous le règne de
Mario Dumont, en faveur des revendications de la CLÉ et
plusieurs membres de la coalition se seraient fait
suggérer par leurs militants, selon M. Décarie, de se
présenter sous les couleurs du parti.
« Le mouvement n’est qu’embryonnaire en comparaison de
ce qui va arriver »
par Cynthia Giguère-Martel,
L’Express (Drummondville), 2009-04-26
Photos
Elles ont été 2 500 personnes, jeunes et moins jeunes,
à répondre à l’appel, samedi, lors de la marche familiale
dénonçant le caractère obligatoire du cours d’éthique et
de culture religieuse. « Le mouvement n’est
qu’embryonnaire en comparaison de ce qui va arriver » –
Françoise Lavallée, initiatrice de la marche. Parents,
grands-parents, enfants et enseignants ont pris d’assaut
les rues du centre-ville, samedi après-midi, afin de
lancer leur message au gouvernement Charest dans le
dossier du cours d’éthique et de culture religieuse (ÉCR).
Les quelque 2 500 manifestants, provenant des quatre coins
du Québec et de différentes religions, ont dénoncé, une
fois de plus, le caractère obligatoire de ce cours. Depuis
la mise sur pied du cours d’ÉCR, plusieurs parents
trouvent inacceptable d’enseigner aux enfants sept
religions en même temps en plus de ne plus avoir le droit
de décider, en quelque sorte, ce qui est moralement bon
pour leurs enfants. La Coalition pour la liberté en
éducation (CLÉ), qui croise le fer avec le gouvernement du
Québec dans ce dossier, réclame que le cours d'éthique et
culture religieuse devienne optionnel de façon à respecter
le droit des parents d'éduquer leurs enfants en conformité
avec leurs convictions religieuses ou philosophiques. « Ce
qu’on veut, ce n’est pas de changer la loi, mais bien de
retrouver notre liberté de choix, comme on l’a toujours
eue », insiste Françoise Lavallée, initiatrice de la
marche ainsi que grand-maman. De surcroît, la CLÉ estime
que l'imposition d'un régime étatique d'éthique et de
culture religieuse outrepasse les pouvoirs légitimes du
gouvernement, bafouant la liberté de conscience et de
religion proclamée par les Chartes canadienne et
québécoise. « Ce que nous dénonçons, c’est que les parents
ont perdu des droits, précise Marie-Josée Croteau,
présidente de la CLÉ et mère de trois enfants d’âge
primaire. Le gouvernement a modifié l’article 41 de la
Charte des droits et libertés et il n’a pas consulté la
population. La conséquence dans tout ça c’est que c’est
l’État qui décide désormais de ce qui est moralement bien
pour nos enfants. » Pourtant, le premier ministre Jean
Charest a la ferme conviction que la décision d’implanter
ce cours est le reflet d'un consensus parmi la population.
Il n’a également pas l’intention de reculer dans ce
dossier. « Ce qui nous arrive, c’est d’une injustice
totale », déplore Mme Lavallée.
Exemption
Au départ, la ministre de l’éducation, Michelle
Courchesne, a été claire à propos des exemptions : elle
avait informé les Commissions scolaires que toute demande
d’exemption devait être systématiquement refusée. « Il y a
beaucoup de directeurs d’école qui sont conscients que ça
n’a pas de bon sens, mais n'osent rien faire, car s’ils
interviennent, les Commissions scolaires vont s’en mêler.
Les commissaires reçoivent des ordres des ministres pour
qu’il n’y ait aucune exemption d’accordée, ce qui est
anti-démocratique puisque les commissaires sont élus par
le peuple et ont la liberté de le faire », explique
Patrice Gagnon, père de famille [et enseignant au
secondaire] qui s’est vu refuser ses demandes d’exemption
et de révision ainsi que son avis de retirer son enfant du
cours. « Ils se sentent obligés de représenter le
gouvernement, donc leur rôle est biaisé », ajoute sa
conjointe Marjolaine Blanchard. Malgré ces refus, les
parents ainsi que la coalition tiennent tête au
gouvernement autour du droit de retirer les enfants de ce
cours et aussi, du droit d’exemption, d’où la demande de
lever le caractère obligatoire du cours.
Qu’est-ce que le cours d’ÉCR
Ce cours présente aux enfants, dès l’âge de six ans,
différentes religions, visions du monde et de la vie et
doctrines religieuses. De plus, tous ces éléments sont
présentés d’une égale valeur. « Dans certains ateliers, on
demande aux enfants de créer leur propre religion »,
informe la présidente de la CLÉ. Au secondaire, le cours
se concentre plus sur le volet éthique. « Les élèves, à
travers des dialogues, doivent rechercher des consensus
sur des grandes questions que les parents et les experts
ne s’entendent même pas. On rejette donc ça sur le dos de
nos enfants et ça, c’est inacceptable », ajoute Mme
Croteau. « Comment peut-on demander à des enfants de faire
la part des choses, alors qu’un adulte ne connaît pas tout
sur sa religion ?, se questionne Mme Lavallée. Le
gouvernement, par ce cours, veut implanter ses idées et sa
philosophie. On fait face à une religion mondiale et c’est
inacceptable. Mais je suis contente, car ça réveille
beaucoup de catholiques et nous en avons une belle preuve
aujourd’hui, mais ça, ce n’est rien comparé à tous ceux
qui nous appuient. » D’ailleurs les manifestants ont été
clairs dans leur message et tout s’est fait dans le calme
et le respect. D’autres [dé]marches sont prévues au cours
des prochaines semaines, car la CLÉ n’entend pas clore ce
dossier de si tôt. « Plus on va en parler et répéter des
actions comme aujourd’hui, plus l’État va comprendre. Le
mouvement n’est qu’embryonnaire en comparaison de ce qui
va arriver, j’en suis certaine, car on voit déjà l’éveil
», conclut avec conviction Mme Lavallée. Enfin,
Drummondville est un lieu symbolique, puisque c’est ici
que se jouera la bataille judiciaire en Cour supérieure,
le 11 mai prochain. Le procès a été intenté par des
parents qui veulent rendre inconstitutionnel le caractère
obligatoire de ce cours.
Les manifestants de la région de l'Estrie sont partis
de Sherbrooke samedi.
1 800 manifestants […en autobus scolaire ; 2-3 000
selon R-C] pour le libre-choix Marianne Dandurand, La
Tribune (Sherbrooke), 2009-04-25 Catholiques, musulmans,
orthodoxes, laïcs… Ils étaient quelque 1 800 personnes
[…en autobus scolaire ; 2-3 000 selon R-C] de toutes
confessions, enfants et adultes, à se réunir samedi à
Drummondville pour réclamer du gouvernement le libre-choix
quand à la participation au cours d'Éthique et culture
religieuse (ÉCR), enseigné dans les écoles primaires et
secondaires depuis la dernière rentrée scolaire. Si tous
avaient des idéaux très différents quant à ce qui devrait
remplacer le cours d'ÉCR, un consensus les unit. « La
mobilisation est contre le caractère obligatoire de ce
cours », a souligné Richard Décarie, porte-parole de la
Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ). Le
regroupement, initialement formé par des parents et des
professeurs, avait beau organiser une énième marche, le
mouvement est loin de s'essouffler. Cette manifestation a
attiré presque autant de marcheurs que celle de Montréal,
tenue l'automne dernier. Celle de Drummondville coïncide
toutefois avec l'approche d'une audition du dossier en
Cour supérieure. Dès le 11 mai, des parents qui réclament
une exemption de ce cours pour leurs enfants seront
entendus à Drummondville. Outre cette teinte juridique que
prend le dossier, le regroupement tend de plus en plus
vers une couleur politique, souligne M. Décarie. « Si l'ADQ
se réorganisait, nos valeurs conservatrices iraient de
pair avec les leurs », estime-t-il, écorchant au passage
libéraux et péquistes. La classe politique devra ouvrir
les oreilles à ce que les parents ont à dire. Les
marcheurs débordant d'enthousiasme scandaient d'ailleurs
des slogans tels « non à la religion d'État » ou « libre
choix aux parents ». La fermeture du gouvernement, c'est
aussi ce qu'une mère venue de Saint-Eustache avec ses deux
enfants d'âge préscolaire déplorait. « Le gouvernement ne
prend pas compte de ce qu'on a à dire », a déploré Natalia
Cossas, qui ne croit pas que le cours puisse contribuer à
abolir les préjugés. « 5 ans, c'est trop jeune pour
embarquer les enfants dans un cours d'éthique et culture
religieuse. »
La Tribune (Sherbrooke)/Opinions,
2009-04-24, p.14
La protestation est loin de s'essouffler. Voilà une
nouvelle qui fait du bien pour les parents préoccupés par
l'imposition par l'État du cours d'éthique et culture
religieuse dans nos écoles. Les Chevaliers de Colomb
appuient massivement la Coalition pour la liberté en
éducation (CLÉ) en exigeant, eux aussi, qu'on respecte le
choix des parents en matière religieuse et éthique. C'est
un appui de taille pour les parents qui luttent pour leurs
droits. C'est aussi une prise de position courageuse dans
un contexte social où afficher sa foi est mal vu. La
marche de protestation prévue à Drummondville samedi est
une autre occasion d'affirmer haut et fort ses
convictions. Ne la manquons pas !
Dominique Breton, Sherbrooke
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